Caca boudin, la santé mentale
des enfants et l’action de secteur
On ne saurait faire de « l’action de secteur » et de
la prévention précoce sans étudier le rôle
de « caca-boudin » dans la santé mentale des enfants.
On peut dire que c’est un indicateur de bonne santé
mentale pour un enfant donné, et pour une famille donnée,
lorsque ce type de jeu de mots peut circuler. L’enfant montre
qu’il maîtrise désormais ses peurs archaïques,
qu’il ne craint plus leur représentation, qu’il est
capable de les dire à un autre, qu’il peut, en même
temps, régresser suffisamment pour retrouver un érotisme
très riche et très proche, mais cette fois-ci dans le
langage (Winnicott).
Il montre qu’il est capable de faire des jeux de mots sur ses
propres émois et ses propres peurs, et qu’il n’est
pas loin, finalement, de ce que Freud décrit dans
« L’humour ».
L’enfant de 5 ans, en effet, par cette expression, se moque du
petit enfant angoissé qu’il a été à 2
ans et que ces deux mots effrayaient sans possibilité de prise
de distance. Ce jeu de mots montre donc que cet enfant-là a
suffisamment de souplesse et de capacités de régression
n’entraînant pas trop d’angoisses.
Néanmoins, tout cela doit rester dans les limites de la
maîtrise raisonnable. « Caca boudin » doit demeurer
dans les limites de la coprolalie ordinaire.
Laissons les bambins saccager les « bonnes manières de
table » en nous rassurant, puisque c’est une étape
salutaire.
Alors caca boudin pour tous !
Une nouvelle de Michel SOULÉ